Le 09 juin 2007 - Le Parisien
Publié par djcom sur 9 juin 2007
Le baroud d’honneur des JDC dégénère
samedi 09 juin 2007 | Le Parisien
TORCY, HIER. Après quatre-vingt-quinze jours d’occupation, les salariés de JDC Imprimerie ont évacué les locaux de leur entreprise.
LES EX-SALARIÉS de l’imprimerie JDC de Torcy qui occupaient leur usine depuis le 5 mars, date de la liquidation de leur société, avaient prévu hier de se retirer dignement, dans le calme, mais les événements en ont décidé autrement. Un affrontement avec un automobiliste a mis le feu aux poudres. Résultat : 15 personnes gazées par la police et deux autres blessées lors d’affrontements, dont le conducteur qui a tenté de forcer le barrage dressé par les manifestants.
14 h 54 : les licenciés touchent leur chèque. Moment difficile pour les 167 travailleurs qui viennent un par un toucher leur chèque départ à la guérite d’entrée. Au total, Québécor a consenti un effort de 3,5 millions d’euros. En retour, ils acceptent de libérer leur usine. Commissaire-priseur, liquidateur et représentant des salariés ont constaté que les lieux étaient en état. L’inamovible vice-président PCF du conseil régional d’Ile-de-France, Daniel Brunel, actif depuis le premier jour, est venu.
15 h 55 : sortie symbolique de l’usine. « On est tristes que l’histoire s’achève, mais fiers d’avoir résisté pendant quatre-vingt-quinze jours », souligne Jean-Paul Brinon, délégué CGT de JDC. Les JDC franchissent alors pour la dernière fois le seuil de leur usine la gorge serrée et s’apprêtent à bloquer le rond-point voisin. Pétards, fumigènes, sirènes, les JDC veulent terminer leur combat de la même manière qu’ils l’ont commencé.
16 h 07 : un automobiliste force le barrage. Une Opel Corsa tente de forcer le barrage formé par les manifestants pour entrer dans la rue des Epinettes, qui conduit à la zone d’activités. Les manifestants bloquent le véhicule. Mais son conducteur serait sorti avec un tournevis. « Je l’ai ceinturé, assure Patrice, un manifestant, mais il essayait quand même de me planter avec son outil. » Déchaînés, certains de ses copains retournent alors l’Opel Corsa. La police utilise des gaz lacrymogènes pour ramener l’ordre.
16 h 14 : les pompiers dénombrent 15 personnes gazées. Une quinzaine de personnes ont été touchées aux yeux par les gaz lacrymogènes de la police. L’un des manifestants est étendu par terre. Il ne peut plus ouvrir les paupières. C’est à ce moment que Jacqueline Poilve, la secrétaire de l’union locale CGT de Pontault, tombe et perd connaissance. « Ça me brûle de partout ! » gémit-elle en revenant à elle et en montrant ses vêtements collés par le gaz lacrymogène. Elle sera conduite à l’hôpital par les pompiers. Le conducteur irascible a été interpellé par les forces de l’ordre. 16 h 41 : une seconde bagarre éclate. Alors que les manifestants s’apprêtent à se disperser, les policiers interpellent l’un des leurs accusé par le conducteur d’une Renault 21 d’avoir enfoncé sa portière. L’interpellation est mouvementée. Emus, les JDC décident de réoccuper leur usine si leur copain n’est pas libéré. Finalement, il ne partira pas en garde à vue mais à l’hôpital, ayant été blessé pendant la bagarre. Il sera convoqué la semaine prochaine. Les JDC décident alors de quitter l’usine définitivement.