Torcy, le 19 mai 2007
Lettre ouverte à Madame Chantal Brunel
Madame la Députée,
Vous connaissez bien la situation de l’imprimerie JDC de Torcy, placée en liquidation le 5 mars dernier par le tribunal de Meaux, occupée depuis par ses salariés. Ceux-ci sont engagés dans un comité de pilotage, dont vous êtes membre, qui se réunit régulièrement en sous-préfecture afin d’aboutir à la mise en place d’un plan social de haut niveau, respectueux de la dignité des salariés, et chercher un repreneur pour cette entreprise qui doit conserver son potentiel industriel. Vos absences lors des dernières réunions de ce comité de pilotage sont à ce titre fort regrettables.
Le rôle du groupe international d’origine canadienne Quebecor dans la faillite de l’imprimerie torcéenne n’est pas contestable, et vous l’avez publiquement reconnu. C’est pourquoi le P-DG de Quebecor France participe au comité de pilotage et son groupe doit être nécessairement impliqué, à la hauteur de ses responsabilités et de celle de la profession, pour contribuer, ainsi que l’État, au financement du plan social en discussion, comme ont su le faire pour leur part le conseil régional d’Île-de-France et le conseil général de Seine-et-Marne.
Vous l’écrivez judicieusement dans votre Lettre d’information parlementaire de mars 2007 en évoquant le problème du chômage : « au-delà des chiffres, il y a des drames humains ». Dans cette même Lettre, vous indiquez vouloir agir pour le maintien de l’emploi. Le cas de l’imprimerie JDC est sous ces deux aspects exemplaire. Vous écrivez : « J’ai défendu le personnel de JDC. » Chacune et chacun est à même d’apprécier ce qu’il en est réellement. Il faut donc réécrire cette phrase au présent et dire, particulièrement au P-DG de Quebecor mais aussi aux nouveaux ministres de l’Économie, des Finances et de l’Emploi et du Travail issus de la famille politique à laquelle vous appartenez : « Je défends les salariés de JDC. L’urgence est maintenant au règlement de leur situation. »
Il faut en effet obtenir sans plus tarder des engagements fermes du groupe Quebecor pour le financement du plan social. Il faut lui demander, au nom de tous les citoyens de la 8e circonscription de Seine-et-Marne dont vous êtes l’élue et qui se préoccupent plus que tout de l’avenir de l’emploi dans leur département et dans leur pays, de mettre un terme à sa volonté de blocage des négociations en avançant des propositions acceptables par les salariés. Il faut parallèlement obtenir du Gouvernement la mise en place des « mesures d’âge » incontournables dans ce dossier, sur lesquelles vous avez pris des engagements non tenus à ce jour.
Vous comprendrez bien, Madame la Députée, que les salariés de JDC ainsi que tous ceux qui les soutiennent ne pourront se satisfaire de déclarations d’intention. Ils attendent de vous des actes concrets, car la vie des salariés vaut plus que les dividendes des actionnaires de Quebecor. Nous ne pouvons laisser faire des groupes qui manifestement n’accordent pas au travail sa juste valeur, et font peu de cas de celles et ceux sans qui le travail ne serait qu’un concept vide de sens : les salariés.
Vous le savez, le processus engagé par le comité de pilotage touche ces jours-ci à sa fin. « Un travail pour tous, si possible proche, c’est aussi la dignité pour chacun », ainsi que vous le soulignez. Si vous en avez la volonté, vous avez toute possibilité de faire aboutir positivement les négociations en cours autour de l’imprimerie JDC. Nous resterons en conséquence particulièrement attentifs, en cette période où l’avenir de notre département est en débat et se construira dans les urnes comme sur le terrain, aux solutions qui vont être proposées aux salariés de JDC.
Recevez, Madame la Députée, l’expression de notre haute considération.
Pour le comité de soutien, le secrétariat permanent :
Marie-Luce Nemo, Myriam Camps, Jean-Marc Georges, Brigitte Eude